Lutte contre le paludisme : au Mali, les moins de 5 ans au cœur des préoccupations

Le paludisme est un problème majeur de santé publique au Mali. Premier motif de consultation dans les services de santé, la maladie est également la première cause de décès chez les enfants de 0 à 5 ans, qui constituent l’un des groupes les plus vulnérables à l’infection palustre.

« Chez l’enfant, le paludisme peut entraîner une anémie grave », explique Dr Aissata Ongoïba, médecin au Malaria Research and Training Center, un centre malien de référence mondiale dans la lutte contre le paludisme. La maladie peut également se manifester par des crises convulsives et une perte de connaissance. Aussi, le paludisme peut-il entrainer un coma mortel chez les enfants de 0 à 5 ans. C’est ce que les spécialistes appellent le « neuropaludisme »

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Mali : une coalition ouvre le débat sur les réformes électorales

Crédit photo: Benbere

Du 3 au 5 décembre 2020, acteurs politiques et organisations de la société civile malienne se sont penchés sur les reformes électorales à mettre en œuvre dans le cadre de la transition en cours. Objectif : dégager une réforme électorale Smart garantissant des élections libres et crédibles.

Cet atelier, qui a duré trois jours, est organisé par le Comité de plaidoyer et de suivi des reformes électorales (CPSRE), en partenariat avec l’Institut néerlandais pour la démocratie multipartite (NIMD).  Il vise à consolider, selon l’ancienne ministre Gakou Salamata Fofana, présidente du Comité de plaidoyer et de suivi des réformes électorales(CPSRE), l’argumentaire sur « la nécessité et la faisabilité des réformes électorales demandées par les acteurs politiques et de la société civile dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route de la transition. » Suite👇👇👇

Mali : une coalition ouvre le débat sur les réformes électorales

Tribune : « cher communauté internationale, condamner les coups d’Etat est bien mais prévenir encore mieux »

Depuis l’annonce de la démission d’Ibrahim Boubacar Keita, les condamnations fusent de partout. Pourtant, au niveau national, une grande majorité de Maliens soutient le coup de force militaire. Pour moi, la communauté internationale doit adopter des mécanismes permettant d’éviter des grognes sociales aboutissant aux coups d’État.
Le mardi 18 août 2020, le Mali a subi son quatrième coup d’État militaire depuis son accession à l’indépendance. Ibrahim Boubacar Keïta est, après Amadou Toumani Touré, le deuxième président démocratiquement élu qui n’est pas arrivé au terme de son mandat. Le coup d’État est anticonstitutionnel et antidémocratique. C’est pour cette raison qu’il est condamné par toutes les organisations internationales.
Lorsque le peuple souffre, la priorité ne doit plus être le respect du droit ou de la démocratie, mais plutôt l’abrègement de cette souffrance. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ne voit peut-être pas les choses sous cet éclairage. Lors de son sommet virtuel tenu le 20 août dernier, Mahamadou Issoufou, président en exercice de l’organisation, a catégoriquement demandé « le rétablissement » du président déchu, Ibrahim Boubacar Keita. Pourtant la CEDEAO qui brandit sa « menace traditionnelle » contre le Mali aujourd’hui, était bien consciente du malaise. A travers notamment les manifestations anti-IBK.
Coup d’État constitutionnel
La communauté internationale a cette mauvaise habitude de réagir après des faits. Elle condamne les coups d’Etat, alors qu’elle aurait pu les éviter. En ce qui concerne notre pays, avant le coup de force, la loi a été violée à plusieurs reprises. Le serment du président de la République a été violé plusieurs fois, avec la prolongation du mandat des députés et des membres du Haut conseil des collectivités, la dissolution de la Cour constitutionnelle. Avant le coup d’ « Etat classique », celui des militaires, il y a eu un coup d’État constitutionnel, celui du régime déchu.
La communauté internationale est restée muette lorsque le peuple malien avait besoin de son intervention pour rappeler à l’ordre nos gouvernants. Sachant toutes les dérives du régime d’IBK, la communauté internationale aurait pu le pousser à accepter le mémorandum proposé par le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP). Elle est également témoin des problèmes que vivent les Ivoiriens, les Guinéens et les autres pays de l’Afrique de l’Ouest. Dans ces pays, les présidents accrochés au pouvoir, ignorent les revendications leurs peuples et tentent de s’éterniser au pouvoir. C’est le moment pour d’agir pour éviter à ces pays le ce qui s’est passé au Mali.
J’exhorte la communauté internationale, notamment la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à prévenir les coups d’Etat, plutôt que de les condamner. Un coup d’État est certes anticonstitutionnel, mais il faut créer les conditions pour le prévenir. Depuis 70 ans, l’Afrique a connu au moins 200 coups d’Etat. Il faudrait, à ce niveau, se demander ce qui n’a pas marché pour en arriver là au lieu de condamner le coups d’états.

Les jumeaux : Un moyen d’exploitation des enfants, encouragé par la tradition.

Le phénomène de la mendicité prend de plus en plus de l’ampleur au Mali. En 2017,  une organisation non gouvernementale avait estimé à 805 enfants mendiants dans la capitale malienne. Parmi ces enfants mendiants, nous avons les filani (jumeaux ou jumelles).

Une pratique encouragée par la tradition

Au Mali, certaines pratiques tirent leur origine de la tradition,  c’est le cas de la mendicité des jumeaux, bien qu’elle ait été dénaturée par le temps. Selon Ali Diabaté griot traditionnaliste, avant les gens donnaient l’aumône au jumeau pour les protéger de maladies incurables. Elle protège aussi le donateur, ajoute-t-il. «  Dans mon plus jeune âge, les jumeaux s’asseyaient devant leurs portes. Et c’est de là qu’ils recevaient l’aumône, c’était une question de tradition et non la quête du gain, enfants de riches ou pauvres s’adonnaient à la pratique » affirme-t-il.  

Une exploitation  des enfants sans scrupule

Le Filaniya est devenu un métier pour certaines femmes. Elles sont nombreuses à occuper les trottoirs des routes ou à faire des portes à portes dans les rues de Bamako avec les enfants. Et c’est un métier qui rapporte.  « C’est devenu un travail et c’est avec ça que je gagne ma vie et je m’occupe des enfants aussi. Il est impossible pour moi de passer une journée sans avoir 1000 F. Dès fois je peux avoir jusqu’à 20 000, et c’est fréquent les lundis et Vendredis » nous livre Lala.

 Le comble c’est que, certaines femmes louent même des enfants pour les faire mendier en tant  « Filani » alors qu’ils ne les sont pas. Mariam (pseudo) nous explique comment ça se passe. Elle dit se rendre généralement dans les quartiers défavorisés de Bamako, pour les locations d’enfants. Je lui ai demandé, combien elle paie pour avoir les enfants. Et voilà ce qu’elle m’a répondu : Cela dépend de l’entente, pour les parents qui veulent être payé en avance, je ne dépasse pas 1000 F par enfant. Par contre avec certains, c’est du 50/50, nous partageons les revenues journalières que les enfants et moi gagnons.

Une pratique doublement punie par la loi

Au Mali, ce ne sont pas les lois qui font défauts, mais plutôt leur application. Le « Filaniya » est en même temps la mendicité et le travail des enfants, tous deux sont interdits par la loi.

 Quant à la mendicité, elle est définit par l’article 183 du code pénal malien, qui stipule que : Toute personne valide et majeure qui aura été trouvée mendiant sur la voie publique sera punie de quinze jours à six mois d’emprisonnement. Seront punies des mêmes peines les personnes invalides qui, pendant la durée de leur séjour dans les formations hospitalières ou charitables, auront été trouvées mendiant dans les lieux publics.

En toutes circonstances l’incitation à la mendicité est interdite. Toutes personne convaincue d’incitation à la mendicité sera passible des peines ci-dessus portées l’alinéa premier.

Toutefois, si la personne incitée à la mendicité est un enfant mineur, le coupable sera puni de trois mois à un an d’emprisonnement.

Pour ce qui est du travail des enfants, les références en la matière sont la loi n 92-020 du 23 Septembre 1992 portant code du travail et le décret n 96- 178 du 13 Juin 1996 fixant les modalités d’application de diverses dispositions du code de Travail et les dispositions des articles D 189-14, D 189-15 et D 189-21 du décret n 96-178 traitent expressément de la question.

Il ressort de ces différents articles ce qui suit : Les enfants ne peuvent être employés dans aucune entreprise, même comme apprentis avant l’âge de 14 ans, sauf dérogation écrite accordée par le ministère chargé du travail dans les établissements de quelque nature qu’ils soient y compris les entreprises familiales, il est interdit d’employer les enfants âgés de moins de 18 ans à des travaux excédant leur force présentant des causes de danger ou qui, par leur nature et par les conditions dans lesquelles ils sont effectués par susceptibles de blesser leur moralité.

En attendant l’application de la loi, les enfants (jumeau) sont exploités à longueur de journée et exposés à plusieurs dangers, accidents, maladies et la famine. Tradition ou pas c’est une pratique qui doit cesser.

                                                                                                Issa Ongoiba

Il faut le dire…Le G5 ou l’oisillon qui ne peut prendre son envol.

Les moins jeunes parmi nos lecteurs connaissent certainement l’histoire de « La lampe mystérieuse d’Aladin », un conte persan tiré des « Mille et une nuits ». Dans ce récit passionnant, quand on gratte la lampe, alors un génie monstrueux se présente et demande au possesseur de la lampe son desiderata. Une fois ce désir exprimé, le génie le réalise en un temps éclair, puis disparaît.

En analysant la situation sécuritaire dans les pays du Sahel au cours de la décennie 2010 – 2019, nous avons observé  que l’assassinat par les occidentaux du leader libyen Mouammar Kadhafi en 2011 a conduit à une déstabilisation de la Libye. Et, cette déstabilisation a engendré dans l’ensemble des pays du Sahel un génie monstrueux qui est le terrorisme perpétré par des pseudo-indépendantistes, islamistes ou narcotrafiquants. Mais contrairement au génie du conte qui est contrôlable, celui engendré par la déstabilisation de la Libye ne peut être maîtrisé. Il n’existe aucun mot de passe pour avoir une emprise sur lui.  C’est pourquoi, après avoir joué à l’apprenti sorcier, la France n’a eu d’autre choix que d’intervenir militairement dans ces pays. Et, comme elle ne peut se permettre d’engager ses propres citoyens dans une lutte directe contre les terroristes dans une guerre où l’ennemi est sans visage, il faudrait bien utiliser des supplétifs : les armées de ces pays. Il n’est donc pas étonnant que pour la plupart des sahéliens, les forces G5 Sahel ne sont que la version moderne « des tirailleurs sénégalais » : elles sont constituées pour défendre la politique hégémonique de la France sur ses anciens territoires coloniaux. Et même ses alliés traditionnels le conçoivent de cette manière sinon pourquoi, hésitent-ils à délier le cordon de leur bourse pour financer ces forces? Malgré cet avatar de sa naissance ou de son éclosion, cette force aurait pu conquérir le cœur des populations par ses actions salvatrices. Mais qu’a-t-on observé ? A la première alerte terroriste sur son Q.G à Mopti, au centre du Mali, elle détale, elle déménage pour venir se réfugier. Et où ? Parmi les populations civiles en plein de cœur de Bamako. L’état-major aurait avancé comme argument le manque de structures et des difficultés de communication à Mopti. Mais justement, puisqu’on nous a fait comprendre que le rôle du G5 Sahel est aussi économique, pourquoi, ne pas rester dans la région de Mopti pour développer infrastructures et communications, cela aurait pu créer de l’emploi pour les jeunes  et détourner certains d’entre eux de la délinquance et de l’appât tendu par les jihadistes. Jusqu’ici, on n’a relevé aucune action notable posée à l’initiative du G5 Sahel. Il demeure encore dans le nid douillet des forces Barkhane. Il est semblable  à un oisillon d’une couvée dont les duvets  ne se transforment pas en plumes solides qui lui permettront de voler et de partir du nid. Dans une telle situation, cet oisillon devient la proie facile des prédateurs. Apparemment le G5 Sahel, ressemble à cet oisillon qui est incapable de prendre son envol.

…sans rancune

Wamserou  A. Asama